Jeudi 4 février 2010

Communiqué de Sébastien DUGLEUX,
Vice Président du Conseil général en charge de l’eau,
de l’assainissement, des déchets, de l’environnement
et de l’espace rural,
Conseiller général du canton de Mauzé-sur-le-Mignon

« Le Président de l’Association des irrigants des Deux-Sèvres ne prend-il pas conscience que, sous le prétexte fallacieux et l’ambition dévoyée de nourrir l’humanité, il prône une politique de « Shadock », à contre-courant et en opposition complète avec les enjeux auxquels nous devons faire face pour les générations futures ?

Il est nécessaire de rappeler qu’en Poitou-Charentes, 90 % des agriculteurs n’irriguent pas et que la minorité d’agro-industriels irrigants qui pratique cette agriculture destructrice, confisque au plus grand nombre ce bien commun qu’est l’eau. Les conséquences environnementales sont énormes et l’on n’en mesure pas encore toute la portée.

Si le Département des Deux-Sèvres a participé au financement de 5 retenues de substitution de la Boutonne (sur les 11 initialement prévues), ce n’est que parce que cela permet de récupérer des forages agricoles pour assurer l’approvisionnement en eau potable des populations. Cela a permis de lever le contentieux européen sur la mauvaise qualité de l’eau distribuée par le Syndicat d’eau 4 B. C’est un échange de forages contre des retenues, mais en aucun cas une caution apportée à la pratique de l’irrigation. Le Département des Deux-Sèvres ne participera d’aucune manière au financement d’autres retenues.

Réclamer la construction de nouvelles retenues de substitution est aujourd’hui un véritable non sens, une absurdité, car le système économique agricole qui utilise ces retenues est non seulement destructeur, mais non durable. Cela témoigne également de l’inéquité de la politique de répartition des aides européennes de la PAC, qui conduit à privilégier quelques nantis, au détriment de la grande majorité des agriculteurs qui sont eux, confrontés à la crise de leur secteur et qui en souffrent.

Les aides publiques à l’agriculture doivent dorénavant être orientées vers la reconversion vertueuse de l’usage du sol (maraîchage, filière bio de grande échelle, élevage) plutôt que conforter une agriculture industrielle néfaste pour la santé et l’environnement.

La haute valeur ajoutée de ces productions apporterait de réelles retombées économiques locales et préserverait la ressource en eau, déjà trop fortement dégradée. »